Le juge demande "qui êtes-vous?"
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Père expulsé, famille démembrée : en Essonne aussi !
Séverin est au centre de rétention de Vincennes depuis le 20 août 2009. L’avion qui l’éloignera définitivement de sa famille est programmé pour samedi 5 septembre à 13h50.
Séverin ne dort plus, il a perdu une dizaine de kilos en deux semaines.
Séverin est né au Cameroun en 1979. Toute son enfance a été très douloureuse (voir le site de RESF à ce sujet).
A 17 ans il s'enfuit de sa famille d'accueil en Centrafrique qui le maltraitait et vit dans la rue. Après bien des vissicitudes il finit, n'ayant plus d'attaches en Afrique, par essayer de tenter sa chance en Europe.
Il arrive à l'âge de 23 ans en France. Il trouve du travail et dort dans des restaurants
En 2006, il se fait arrêter et est placé au centre de rétention de Plaisir. Le consulat du Cameroun refuse de lui délivrer un récépissé car il n’a aucun papier d’identité (normal, il a quitté le Cameroun à 3 ans et n’y est jamais retourné).
La même année, Séverin rencontre Josiane qui deviendra sa compagne. Josiane a une petite fille de 4 ans, Cyrielle, qu’il aime immédiatement comme sa propre fille.
Joyce naît le 3 décembre 2007. « Ma famille est ma seule richesse » dit-il.
La vie de la famille bascule le 10 juin 2009. Séverin est arrêté, condamné à une peine de prison et à une interdiction du territoire d’un an pour séjour irrégulier. Le 20 août 2009, on vient le chercher à la prison de la Santé pour le transférer au centre de rétention de Vincennes. Considérant que son nom est à consonance camerounaise et qu’il s’habille comme un Camerounais, le consulat du Cameroun lui délivre un laissez-passer.
Cette famille très unie n’avait rien à se reprocher : Josiane, originaire de Centrafrique, est titulaire d’une carte de résident de 10 ans. Séverin, qui n’a jamais pu déposer de dossier de régularisation car il n’avait pas de passeport enchaînait les petits boulots. Cyrielle est scolarisée (91) et Joyce est un adorable bout de chou.
Saint-Denis, le 2 septembre 2009
Le tribunal administratif de Cergy Pontoise a rendu une décision : elle considère comme légale une décision de reconduite à la frontière qui vise à arracher un fils à son père, à briser net la cellule familiale où cet enfant avait retrouvé un environnement familial favorable, à interrompre la scolarité d’un gamin de 5 ans et demi qui s’apprêtait à rentrer au CP avec tous ses copains de l’école maternelle et s’en faisait une joie…
Une telle issue provoque l’indignation et l’écoeurement de tous ceux qui se sont mobilisés pour Chama et son papa, bien au-delà de notre réseau, parmi les parents d’élèves et enseignants, la population de Saint-Denis, de nombreuses personnalités et des élus, dont M. Jack Lang, député et ancien ministre.
Le cas de ce papa est exemplaire : il vit en France depuis 2002 et sa situation était connue des services de la Préfecture. Il fait partie d’ailleurs de ces parents qui auraient pu être régularisés dès 2006 puisqu’il avait fait à cette date une demande de régularisation au titre de la circulaire Sarkozy. On aurait pu attendre que l’interpellation, puis la garde à vue de ce papa resté seul en charge de son enfant aient donné l’occasion à la Direction des Etrangers de se renseigner, de compléter le dossier et de prendre la mesure d’une situation humaine.
C’est le cinquième cas en l’espace d’une semaine en Seine Saint-Denis qui se voit confronté au placement en rétention et à la menace d’une reconduite à la frontière frappant un père de famille ou un étranger ayant des charges de famille.
Site du petit Chama : http
://www.dieumerci.fr
5 enfants de Seine Saint-Denis à nouveau menacés de perdre leur père ?
Après 17 ans de vie en France, Mustapha (père de 4 enfants) ne doit pas être expulsé !
Le 18 août dernier, suite à un contrôle d'identité, Monsieur Mustapha BENBERRADJI a été arrêté et conduit au centre de rétention à Vincennes, en exécution d'une obligation de quitter le territoire français en date du 23 octobre 2008. Malgré une longue histoire avec la France où est sa vie et sa famille.
Mustapha BENBERRADJI, soutenu par RESF Les Lilas (Seine Saint-Denis), est le compagnon d'une « Lilasienne », titulaire d'un titre de séjour. Il est arrivé en France en 1986, à l'âge de 17 ans, pour rejoindre son père qui a toujours vécu et travaillé en France. Après le décès de son père en 1988, il est resté sur le territoire français jusqu'en 1992. Arrêté pour infraction à la législation des étrangers, il a été condamné à 18 mois de prison, et à l'Interdiction Définitive du Territoire Français. Il a quitté la France en 1994 quand il a été libéré.
En 2000, il a obtenu un visa du Consulat d'Alger lui permettant de regagner la France de manière régulière le 17 mai 2000. Titulaire d'un récépissé provisoire de séjour jusqu'en février 2002, il a été une nouvelle fois interpellé et placé en rétention administrative en exécution de l'ITDF, qui a été finalement annulée en mai 2003. Sa dernière demande de régularisation a été refusée, assortie le 23 octobre 2008 d'une OQTF, pour laquelle un recours a été rédigé, mais rejeté. Monsieur BENBERRADJI a fait appel à cette décision et est en attente d'une convocation de la cour administrative d'appel.
En tout, M. BENBERRADJI, âgé de 40 ans a passé 17 ans sur le territoire français dont près de 10 ans sans interruption. il s'occupe activement des 4 enfants de sa compagne, et apporte dans cette famille une réelle stabilité, tant sur le plan affectif que financier. Cela est prouvé par un jugement en assistance éducative. Les petits le considèrent comme leur père. Mustapha BENBERRADJI est parfaitement intégré. Parlant couramment le français, il a constamment travaillé, déclare ses revenus et n'a cessé de vouloir durant toutes ces années obtenir un titre de séjour.
Chama Dieumerci (6 ans) n’a plus que son père. La préfecture du 93 en fera-t-elle un orphelin de fait
Chama Dieumerci, âgé de six ans, risque fort d'être privé de sa rentrée scolaire.
Arrêté le mercredi 26 août 2009 à Roissy, son papa, Monsieur Joao ABEL GABRIEL, ressortissant angolais, a été placé au CRA de Bobigny le même jour.
Vendredi 28 août il a été présenté devant le juge des libertés qui a décidé de son maintien en rétention.
Il est arrivé en France en 2002 et vit à Saint-Denis de façon ininterrompue depuis 7 ans. En 2003, il a été débouté du droit d’asile et n’a depuis pas fait d’autres demandes de régularisation, non pas par négligence, au contraire il s’en souciait beaucoup, mais parce qu’il a été plus ou moins mal conseillé
M. ABEL GABRIEL se trouve dans état d’angoisse extrême car arraché brutalement à son fils qu’il élève seul et de manière exemplaire depuis plusieurs années. Vous conviendrez comme moi que la place d’un père n’est pas en rétention mais auprès de son enfant et encore davantage à quelques jours de la rentrée scolaire.
Que diront parents et enseignants aux camarades de Chama Dieumerci devant sa chaise laissée vide
Des nouvelles de Vojin Milic
(Serbe, en France depuis 13 ans, père d'une adolescente de 14 ans et d'un garçon de 9 ans ayant fait toute leur scolarité en France).
Les deux derniers resf.info appelaient à l'aide. Vojin Milic a été traduit devant des tribunaux trois fois en quatre jours, avec à chaque fois des tensions énormes sur toute la famille. Le Tribunal administratif de Versailles l'a finalement libéré le 25 août.
C'est une décision de justice, certes. Mais elle n'aurait pas été possible sans la mobilisation de tous ceux qui ont soutenu quasi physiquement la famille dans les salles d'audience mais aussi par les centaines de messages de protestation envoyé aux autorités, les articles de presse, etc.
Voir les articles de l'Huma
http://www.educationsansfrontieres.org/article21965.html
et de Libération
http://www.educationsansfrontieres.org/article21922.html
Un article (et une belle photo) dans Grazia paru aujourd'hui.
Les accords de réadmission Franco-Haïtien : Les Droits Humains des migrants haïtiens en France sont en péril
Des représentants du « Collectif Haïti de France » sont venus en Haïti pour sensibiliser les organisations de la société civile haïtienne sur les négociations qu’ont engagées la France et l’Etat d’Haïti ; elles visent la conclusion d’un accord de rapatriement vers Haïti des migrants haïtiens en situation irrégulière en France. Cet accord est inscrit dans le document cadre de partenariat France-Haïti 2008-2012 (chapitre « Immigration et co-développement »).
Avec le soutien des associations franco-haïtiennes comme le Collectif Haïti de France, la Plate-forme des Associations Franco-haïtienne (PAFHA), ainsi que du collectif Migrants outre-mer (MOM, un collectif de 13 associations qui s’implique dans la défense des droits des migrants en Outre-mer, http://www.migrantsoutremer.org/), les organisations haïtiennes de la société civile s’engagent à sensibiliser les pouvoirs publics haïtiens aux enjeux d’un tel accord que le gouvernement français veut conclure en 2009 avec la République d’Haïti.
L’ambassade de France parle beaucoup de l’aide au développement que son pays apporte à Haïti, mais sans dire que la contrepartie de cette aide est la lutte contre l’immigration irrégulière et la signature d’un accord de gestion concertée des flux migratoires (dit « réadmission »).
Les accords de gestion concertée des flux migratoires et au co-développement s’inscrivent dans la droite ligne de la politique française d’immigration choisie et correspondent aux priorités du pacte européen sur l’immigration et l’asile. La France a déjà signé ce type d’accord avec plusieurs pays africains et négocie actuellement avec Haïti, le Cameroun, les Philippines et le Mali.
Les accords de gestion « concertée » des flux migratoires comprennent 3 volets :
le premier sur les possibilités de « migration légale »
(délivrance de visas : ainsi, les Saint-Luciens et les Dominiquais sont exemptés de visa pour un séjour touristique de 15 jours maximum par an dans les départements français d’Amérique),
l’octroi de titres de séjour temporaires principalement pour des motifs professionnels, dont la carte « compétences et talents », avec un quota de cartes par an ;
le 2ème sur la lutte contre l’immigration irrégulière, avec des clauses par
lesquelles les Etats s’engagent à réadmettre leurs propres ressortissants en situation irrégulière voire, pour certains (Congo, Bénin), prévoit d’interdire un permis de séjour sur le territoire
d’un pays européen des ressortissants de pays tiers ayant simplement transité par leur territoire ;
Le 3ème volet concerne le co-développement, dont les montants investis dans
des microprojets sont largement inférieurs aux transferts envoyés par les migrants à leurs familles.
Nous soulignons que ces accords sont particulièrement inéquitables, car ils prétendent distribuer de faibles montants d’aide au « co-développement » et seulement quelques visas aux jeunes diplômés en échange du durcissement des politiques migratoires.
Les statistiques de 2007 ont montré que la France a reconduit à la frontière plus de 50 000 migrants. La moitié de ces expulsions a eu lieu à partir des départements et territoires d’outre-mer. Or, les Haïtiens résidant en France sont principalement établis en Guyane, en Guadeloupe, en Martinique et à Saint-Martin. Sur un million d’habitants des départements français d’Amérique (DFA), 38% des étrangers en situation régulière sont Haïtiens et les sans-papiers sont évalués à 57 000 personnes. A défaut de chiffres exacts, on peut évaluer à 21 000 au moins les Haïtiens en situation irrégulière dans les Départements Français d’Amérique. Toujours en 2007, 67% des individus expulsés de la Guadeloupe étaient de nationalité haïtienne.
Les organisations signataires de la présente déclaration se sont particulièrement inquiétées des conséquences au niveau des droits humains en relation de ses expulsions des migrants à partir les départements et territoires d’outre mer de la France. L’examen de la France par le Comité de droits de l’homme a confirmé que l’absence de recours suspensif d’exécution contre des mesures de reconduite à la frontière à partir de la Guyane française ou de la Guadeloupe violait les articles 7 et 13 du pacte international relatif aux droits civils et politiques. Ainsi les clauses de réadmission constituent un élément clef de ces accords qui forcent les États signataires à accepter le retour sur leur territoire de leurs ressortissants dès lors que la nationalité des personnes concernées est établie. Elles renforceraient les moyens d’enfreindre l’article 7 du pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifié par la France et Haïti.
Ensuite, une augmentation des expulsions signifierait aussi une multiplication des locaux de rétention administrative où les conditions de séjour sont assez inquiétantes. Le droit de toute personne à jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible est ainsi gravement mis en péril ainsi que la protection contre la détention prolongée des migrants, qui sont souvent des mineurs.
La signature d’un tel accord de réadmission porterait encore une fois atteinte à la souveraineté de la République d’Haïti car les consulats haïtiens ne seraient plus sollicités pour un laissez-passer avant l’expulsion d’un individu quelconque (Haïtien ou pas) sur le territoire d’Haïti.
Nous demandons au gouvernement d’Haïti de rendre publiques les négociations relatives à cet accord qui, sous prétexte de co-développement, va précariser la vie de nombreuses familles haïtiennes et françaises d’origines haïtiennes. Les organisations signataires de cette déclaration vont se mobiliser pour empêcher la signature d’un tel accord. Car le droit au développement est un droit, et en tant que tel, il ne peut être soumis à des conditions occasionnant des violations des Droits fondamentaux de la Personne.
Suivent les signatures suivantes :
1. Groupe d’Appui aux Rapatriés et Refugiées (GARR) Colette LESPINASSE, Coordonnatrice du Bureau Exécutif
2. Plate-forme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains (POHDH) Antonal MORTIME, Secrétaire Exécutif
3. Haïti Solidarité Internationale (HSI) Jean LHERISSON, Coordonnateur Général
4. Solidarité Fanm Ayisyèn (SOFA) Carole Pierre-Paul JACOB, Secrétaire Exécutive
5. Commission Nationale Episcopale Justice et Paix Jocelyne COLAS, Secrétaire Exécutive
6. Antèn Ouvriyè Sanon RENEL, Membre du Comité de Coordination
7. Association Nationale des Agro-professionnels Haïtiens (ANDAH) Stephen William PHELPS, Responsable à l’organisation
8. Plate-forme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA) Camille CHALMERS, Directeur Exécutif
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